Loi travail : Et si on s’arrêtait tous de bosser dans ce monde de fous?

J’écrivais dans mon article « C’est la crise! », que puisque tout est manipulé, puisque les règles du jeu sont truquées, alors autant arrêter de participer à cette mascarade qu’est le monde du travail et de l’économie aujourd’hui. Du moins le temps qu’on remette les choses à plat et puis surtout qu’on réfléchisse à ce que nous voulons vraiment faire de ce monde. Il y a tellement de personnes qui ne sont pas heureuses dans leur boulot ou qui sont sous-payées, qu’il est temps de faire un grand nettoyage.

La loi travail est finalement la cerise sur le gâteau empoisonné. Elle est l’application en droit français des exigences de la commission européenne. Hollande le fourbe a fait passer cette loi pour laquelle il n’avait pas de mandat puisqu’elle ne figurait pas dans son programme de campagne. C’est une loi qui pousse un peu plus loin le monde ultra-libéral voulu par l’Union Européenne contre l’avis du peuple français. Toujours plus de logique de concurrence acharnée et de compétition quand les marchés financiers eux, sont administrés à la soviétique (voir « C’est la crise »).

Pour remettre tout à plat, il faut donc dans un premier temps de cesser toute activité. Pour étayer cette idée je m’appuierai sur le texte de Nietzsche qui traite de cette question.

Nietzsche « La glorification du travail »

(…) Au fond, ce qu’on sent aujourd’hui, à la vue du travail – on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir -, qu’un tel travail constitue la meilleure des polices, qu’il tient chacun en bride et s’entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l’indépendance.(…) Nietzsche, Aurores (1881)

Quand il parle du « dur labeur du matin au soir » ce n’est pas du job qu’on rêve de faire mais plutôt du truc qu’on n’a pas vraiment choisi. Il est vrai qu’au XIX siècle, les journées de travail étaient beaucoup plus longues. Mais le problème reste le même si on considère que de nos jours, le temps disponible a été comblé par les grands médias (par exemple la télévision) dont le rôle est d’abrutir. Abrutir, voici l’idéal pour un gouvernement qui souhaite tenir en laisse le peuple, afin de l’empêcher de remettre le système en cause. Surtout quand ce système sert les intérêts de l’oligarchie.

(…) Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l’amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et régulières(…) Nietzsche, Aurores (1881)

Et ce travail qu’on n’a pas choisi et bien ça nous empêche de prendre le temps de savoir ce qu’on veut vraiment dans la vie. Certes nos satisfactions premières comme celle de manger et de nous loger sont assurées. Mais pour ce qui est d’avoir l’énergie pour une vie riche et équilibrée intérieurement et par conséquent faire de ce monde quelque chose de plus beau, et bien c’est pas gagné.

(…) Êtes-vous complices de la folie actuelle des nations qui ne pensent qu’à produire le plus possible et à s’enrichir le plus possible ? Votre tâche serait de leur présenter l’addition négative : quelles énormes sommes de valeur intérieure sont gaspillées pour une fin aussi extérieure ! (…) Nietzsche, Aurores (1881)

Alors on voit que ce texte qui a 140 ans est toujours archi d’actualité. Il est clair que participer à l’enrichissement d’une nation sans remettre en cause son système et c’est à dire sans tenir compte du degré de bonheur de ses citoyens, mène tout droit dans le mur. Surtout que l’enrichissement matériel n’apporte aucune fin en soi même si on essaye de nous faire croire le contraire. Il est aussi d’autant plus d’actualité que certains candidats à l’élection présidentielle en 2017 veulent supprimer la semaine de 35 heures et ré-instaurer des semaines qui vont jusqu’à 48h.

(…) Mais qu’est devenue votre valeur intérieure si vous ne savez plus ce que c’est que respirer librement ? si vous n’avez même pas un minimum de maîtrise de vous-même ? (…) Nietzsche, Aurores (1881)

Alors là, je vous renvoie vers mon article « Nous sommes en crise… de conscience ». Certaines personnes peuvent ne pas se sentir concernées par ceci. Elles passent leur vie sans jamais se poser de question. J’ai envie de dire tant mieux pour elles. Ce n’est ni bien, ni mal. Nietzsche interpelle tout de même sur cette question, sur la prise de conscience du soi. Nous ne sommes pas des machines. Consentez-vous à être encore manipulés comme des marionnettes?

Conclusion

Pendant des années j’ai fait un paquet de boulots à la con et mal payés. Je ne me sentais pas à ma place, je me faisais même royalement chier, mais je me disais que c’était comme ça, que je n’avais pas le choix, qu’il fallait bien que je gagne ma vie. Je me posais des questions tout de même. Combien de temps cette comédie allait-elle durer? Je me voyais parmi tous ces gens en train de prendre le métro ou le RER le matin, un peu comme du bétail, pour accomplir des tâches toutes plus ou moins vide de sens. Abruti dans un système économique archi de chez archi inégalitaire et surtout truqué, falsifié, pourri jusqu’à la moelle. Avec la loi travail, on laisse le gouvernement pourrir encore un peu plus les choses.

Il ne s’agit pas vraiment de faire la grève. Inutile de manifester dans la rue. Il s’agit d’une révolution intérieure. Qu’est-ce que je change en moi et quel est le rayonnement de ce changement sur l’ensemble de monde?

Pour ma part, aujourd’hui c’est différent, j’ai bien réfléchi à tout ça. Et j’ai pris une décision : plus jamais je ne ferai un travail avec lequel je ne me sens pas en accord. Plus jamais je ne gaspillerai le temps précieux de ma vie pour les intérêts économiques de qui que ce soit. Plus jamais… Et vous? En 2017, vous prenez une bonne résolution (révolution) ?